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La Côte-Nord vivra un été hors du commun. Les touristes voyagent plus tôt dans la saison, et on prévoit qu’ils seront plus nombreux et que leur séjour plus long. La saison vient à peine de commencer, mais la présence des touristes à Sept-Îles se remarque un peu partout. Plus à l’est, à la Réserve de parc national de l’Archipel-de-Mingan, le nombre de réservations des sites d’hébergement a déjà surpassé le nombre de sites loués au cours de la saison 2020. «L’avantage de cette année, c’est que les gens semblent avoir plus de temps à passer sur la Côte-Nord. Parce que quand un site n’est pas disponible, ils vont choisir la journée d’après ou le surlendemain. On voit que les gens ont une belle flexibilité. Ça aide pour nos transporteurs maritimes», a indiqué le directeur de l’unité de gestion de Mingan de Parcs Canada, Dany Lebrun. Chez Hydro-Québec, ne pensez pas visiter Manic-2 ni Manic-5 cet été. Le calendrier de réservation est complet. Les seules places disponibles pour une visite d’installations hydroélectrique sur la Côte-Nord se trouvent au complexe de la Romaine au nord de Havre-Saint-Pierre. Ce n’est pas par hasard que depuis des mois, l’industrie touristique de la région recommande aux visiteurs de bien planifier leur voyage pour éviter les mauvaises surprises.

Après avoir été contraint d’annuler son édition 2020 en raison de la pandémie, le Festival de la chanson de Tadoussac revient avec force dans une 37e édition exceptionnellement étalée sur dix jours, du 25 juin au 4 juillet, selon une formule repensée.

Une quarantaine d’artistes, dont Louis-Jean Cormier, Bleu Jeans Bleu, Les Trois Accords, Marie-Pierre Arthur, Patrick Watson, Alaclair Ensemble et Ariane Moffatt déferleront sur trois scènes intérieures et extérieures.


À ces valeurs sûres s’ajoutent plusieurs artistes émergents, dont Ariane Roy, Bon Enfant, Belle Grand Fille et Mon Doux Saigneur. Le spectacle Nikamu Mamuitun sera également présenté, accompagné pour la première fois d’une projection vidéo conçue spécialement pour le festival par des artistes autochtones.

Quelques artistes donneront même deux concerts, question de rejoindre un plus grand public. Faire passer le festival de quatre à dix jours permet d’accueillir le même nombre d’artistes qu’en temps hors pandémie, souligne le directeur général, Julien Pinardon.
« C’est la solution qu’on a trouvée, a-t-il commenté. Ça nous permet aussi d’avoir moins de public en même temps dans le village ».
Les billets seront vendus en nombre limité. Les spectacles intérieurs, dont ceux à l’église du village, pourront accueillir de 140 à 170 festivaliers en distanciation, tandis qu’à l’extérieur, de 50 à 80 personnes pourront se réunir devant une scène.


À Tadoussac, devant le Saint-Laurent, on voit d’immenses dunes de sable appelées terrasses marines. Ces dunes sont le résultat de l’action du vent qui forme des monticules de sable de formes parfois bizarres, parsemées de tableaux et dessins faits par le vent. La forme des dunes ressemble la forme des bancs de neige sculptés par le vent lorsque le vent rencontre un accident de terrain. Quant à la terrasse marine, elle est un souvenir du passage du glacier qui a créé le fjord du Saguenay il y a des dizaines de milliers d’années. Lorsqu’il descendait vers le fleuve, le glacier a transporté des sédiments, des cailloux, de la terre et du sable. Le vent a emporté les matériaux légers, le sable toutefois s’est accumulé au fil des siècles, créant de belles collines dorées. Les dunes de sable à Tadoussac font partie du terrain occupé par le parc national du Saguenay et sont certainement un des plus beaux et attirants coins du parc.

Dans les années 40, un sport unique au monde a vu le jour à Tadoussac, le ski sur sable. Se sport se développait jusque dans le 1980. Des compétitions de ski sur sable sont devenues populaires et attiraient du monde. Mais en 1983, le Parc national du Saguenay rachète le secteur à la famille Molson pour en créer un centre d’interprétation et de protection de la nature. Désormais, la glissade sur sable est interdite, parce que ce sport endommageait la composition des dunes et les détruisait peu à peu.

Après avoir échoué dans sa tentative de convaincre le Ottawa Catholic School Board (OCSB) de voter contre une motion visant à hisser le drapeau arc-en-ciel  sur le terrain des écoles pour le mois de la Fierté la semaine dernière, l’archevêque d'Ottawa-Cornwall, Mgr Marcel Damphousse, a tenté de se justifier en associant le "drapeau de la fierté gaie" à un "style de vie"

"Il faut bien comprendre que nos écoles catholiques se situent dans la grande communauté de l'Église catholique, alors tout ce que l’école va décider a un impact sur tout le reste. J’ai tout simplement dit qu’en hissant le drapeau de la fierté gaie, ça va créer beaucoup de division [dans notre communauté catholique]'', a dit celui dont la recommandation a été  ignorée, alors que le conseil scolaire anglophone a finalement voté en faveur de la proposition fin mai, à 9 contre 1.

L’archevêque a affirmé  qu’il n’est pas contre le drapeau en soi, mais que celui-ci symbolise autre chose dans la vie publique en dehors de l’école.

"C’est tout le style de vie qui accompagne le drapeau. [...] Moi, quand je vois le drapeau, je pense à la parade de la fierté gaie. Quand tu regardes la parade, bien, il y a des scènes [qui font en sorte que] moi je n'encouragerais pas mes jeunes d'adopter un style de vie comme celui-là, mais j’accompagnerais le jeune qui est en quête de sens et d'identité sexuelle."

Mgr Damphousse estime qu'il y a une idéologie politique derrière le drapeau et qu’il y a du lobbying pour afficher le drapeau partout. "Et si on ne le met pas partout, on est considérés comme des homophobes, ce qui est faux" selon lui.

Rappelons qu'encore hier Marc Miller,  le ministre fédéral des services aux autochtones, exigeait de l'Église catholique qu'elle présente ses excuses pour les mauvais traitements, y compris les sévices sexuels,  infligés aux enfants autochtones dans les écoles résidentielles. L'Eglise catholique n'a de toute évidence pas autant d'empressement de dénoncer ce "style de vie" pédophile de ses prêtres. 

Sources: SRC

Dans le cadre de la Semaine Québécoise des familles, Fierté Val-d’Or a tenu le vendredi 14 mai sa 9e marche annuelle sous le thème ‘’Une explosion de licornes’’. Cet événement est l’occasion de souligner la Journée Internationale contre l’homophobie et la transphobie.
Cette marche familiale dans une ambiance festive a rassemblé plus de 180 personnes de tous âges. Les participantes et participants étaient invités à se déguiser  ou à arborer une licorne pour un effet coloré. Partie à 17h30 du marché public de la Place Agnico Eagle, la marche a traversé le centre-ville de Val d'Or où différents commerçants arboraient les couleurs de la fierté LGBT. La Ville de Val d'Or a procédé pour sa part à la levée du drapeau arc-en-ciel.

Cette année, en raison de la pandémie, il n'y a eu aucune activité intérieure et la marche s'est tenu en respectant les mesures sanitaires applicable lors de l'événement: port du masque (personne de 10 ans et plus), respecter la distanciation physique de 2 m en tout temps, respect des bulles familiales et ne pas présenter de symptômes relatifs à la COVID-19. 


Une première Semaine de sensibilisation contre la transphobie se tient du 17 au 21 mai en Mauricie et au Centre-du-Québec, une première dont le lancement coïncide avec la Journée internationale contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie. Les activités viseront particulièrement à sensibiliser les employeurs aux réalités des personnes trans, pour qui plusieurs préjugés à l’embauche demeurent tenaces.
Organisée par Trans Mauricie – Centre-du-Québec, la semaine se déroule sous le thème « Engager la diversité au travail… c’est collectif! » et a également pour objectif de toucher la population sur l’importance d’une inclusion réussie et harmonieuse des personnes trans et non-binaires en milieu de travail.

Selon les statistiques que l’organisme a en main, un employeur sur trois hésiterait à engager une personne trans.


«Je pense que les gens manquent d’information pour bien connaître la réalité des personnes trans. Il faut arrêter de mettre l’accent sur le genre et miser sur le potentiel des gens», souligne Valérie Bélisle, coordonnatrice de Trans Mauricie – Centre-du-Québec.

Malgré la pénurie de main-d’oeuvre qui frappe le Québec actuellement, les comportements tardent à changer, se désole-t-elle.

«Est-ce que c’est l’apparence qui dérange ou est-ce que les employeurs sont mal à l’aise? On a des outils pour les aider à bien agir et réagir, pour les informer», précise Mme Bélisle.

D'après Le Nouvelliste)

Les préjugés sont encore tenaces au point où les chercheurs d’emploi se demandent s’ils peuvent mettre leur nom usuel ou s’ils doivent absolument mettre leur nom de naissance.

«C’est un stress de devoir constamment justifier qui on est, l’expliquer aux gens qui nous entourent. C’est un travail de tous les jours», soutient la coordonnatrice, qui ajoute que des propos sexistes et des questionnements sur les toilettes à utiliser persistent encore trop fréquemment.

«Il y a beaucoup de réorientations de carrière en raison de l’apparence des personnes trans ou non-binaires», se désole-t-elle.

Pour ce qui est des activités programmées pour la Semaine de sensibilisation contre la transphobie, on y retrouvera des capsules vidéo quotidiennes, des jeux-questionnaires tenus dans plusieurs villes de la région et une campagne d’affichage dans les entreprises, notamment.

Les détails se trouvent sur la page Facebook de Trans Mauricie – Centre-du-Québec.


Dans le cadre de la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie du 17 mai, le GRIS-Mauricie/Centre-du-Québec s’associe au Théâtre des gens de la place pour présenter une lecture publique virtuelle de la pièce Le projet Laramie.
Les internautes pourront visionner gratuitement la lecture du 17 mai à 9h au 24 mai à 23h45 sur la plateforme Vimeo du GRIS-Mauricie/Centre-du-Québec à partir de deux mots de passe distincts divulgués au début, puis au milieu de la semaine sur le site de l’événement Ensemble contre l’homophobie et la transphobie et dans l’événement Facebook de la lecture publique.
Présentée en 2015 par le Théâtre des gens de la place, Le projet Laramie est une pièce inspirée de l’histoire vraie du meurtre brutal de Matthew Shepard, un étudiant américain homosexuel âgé de 21 ans. Survenu dans la ville de Laramie dans l’état du Wyoming en 1998, ce drame révoltant a ébranlé le monde entier.
Basée sur plus de 200 entrevues de résidents de Laramie recueillies sur place par les membres du Tectonic Theatre Project, cette oeuvre constitue un témoignage et une version extrême d’actes discriminatoires sévissant encore dans la société d’aujourd’hui.
Captée sur la scène du Théâtre du Cégep de Trois-Rivières le 11 avril dernier, la lecture publique est livrée par la même distribution qu’en 2015, à une exception près. Prenant place devant un lutrin et passant d’un accessoire à l’autre, les dix comédiens revêtent les traits de 63 personnages véridiques ayant vécu de près ou de loin la tragédie.
Dirigée par le metteur en scène Marc-André Dowd, assisté d’Éric Langevin, et captée par le vidéaste Anthony Hamelin, la pièce, bien que lue plutôt que physiquement jouée, recèle la même intensité d’émotions, richesse d’interprétation et force de sensibilisation.

Alors que tous les principaux établissements du Village sont fermés, les Villageois comme la plupart des Montréalais des quartiers centraux envahissent les parcs en ce début de printemps. Récemment réaménagé en intégrant les couleurs de la fierté LGBT, le mini-parc Raymond-Blain est devenu une véritable palestre à ciel ouvert avec la fermeture des gyms. Son aire de yoga, ses équipements sportifs, son terrain de pétanque, son aire de pique-nique attirent les sportifs.
Mais plusieurs ignorent le pourquoi de ces couleurs vives au sol. Bien sûr, une petite pancarte explique qui était Raymond Blain, mais il faut lever les yeux vers le ciel alors qu’autant de grâce athlétique attire notre attention. Et pourtant elle rappelle que Raymond Blain fut le premier homme politique ouvertement gai à être élu au Canada en devenant conseiller municipal du district de Saint-Jacques où se situe le Village en 1986. Il suit alors les traces d’Harvey Milk qui avait défoncé ce plafond de verre aux États-Unis en 1977. Il est alors élu avec l’équipe du Rassemblement des citoyens de Montréal ( RCM) de Jean Doré qui met fin au règne de Jean Drapeau et engage une série de réformes visant à démocratiser l’administration municipale.
Favorisant l’entrée des femmes au comité exécutif de la Ville en nommant la féministe Léa Cousineau présidente du Comité Éxécutif, Jean Doré y nomme aussi Raymond Blain et lui confie entre autres le dossier de la sécurité publique. Dans une ville où la précédente avait réprimé brutalement la communauté gaie en multipliant les descentes policières dans les bars et saunas gais avant et après les Olympiques de 1976, ce mandat représentait tout un changement de cap. Raymond Blain ouvrit ainsi une nouvelle ère de relations entre la Ville, la communauté LGBT et le Village.
Réélu en 1990, Raymond Blain participa au redéveloppement du Faubourg Québec et de la Place Émilie-Gamelin qui fut un leg pour le 350e anniversaire de Montréal. Raymond Blain ne fut toutefois pas présent lors de ces célébrations. Il fut emporté comme plusieurs hommes gais de cette génération par le sida le 2 mai 1992, 15 jours avant le 350e anniversaire de Montréal. Son leg le plus important que ce parc commémore aura été de changer les rapports entre la communauté et la Ville ce qui a ouvert la voie pour l’essor de la communauté et faire de Montréal une des grandes destinations homosympas du monde.

Parc Raymond-Blain, rue Panet entre Logan et Lafontaine, Montréal


Ensemble, la compagnie théâtrale LGBTQ, est heureuse d’annoncer les représentations de Hosanna de Michel Tremblay à Montréal et à Sherbrooke.
Claude Lemieux, alias Hosanna, croit réaliser le rêve de sa vie en se travestissant en Elizabeth Taylor dans « Cléopâtre ». Profondément blessé par un mauvais tour des autres travestis, il fait un triste retour sur lui-même, sur son amant et sur le monde clinquant dans lequel ils vivent.
Cette pièce de Michel Tremblay écrite en 1973 raisonne encore d’une troublante actualité. Elle y aborde les thèmes de l’identité sexuelle, de la fragilité du couple et de la vieillesse, au travers d’une confrontation drôle et cruelle, émouvante et prenante, entre deux amants qui semblent arrivés au bout de leurs illusions. Dans une société qui peine à accepter l’homosexualité, quelles sont leurs chances de vivre leurs rêves – au moins un peu - avant qu’ils ne soient brisés à jamais ?
Dans une mise en scène maîtrisée de Jean-François Quesnel, le duo constitué de Marc-André Leclair alias Tracy Trash du Cabaret Mado et Jacob Lévesque, fait preuve d’une grande force, et d’une profonde justesse dramatique.
À sa sortie, Hosanna a attiré l’attention du public et de la critique par ses aspects controversés en explorant le milieu homosexuel et celui des travestis et des prostituées. Michel Tremblay met en scène des sujets tabous, encore empreints de méconnaissance et de préjugés de nos jours. Considérée comme l’une des meilleures œuvres de Tremblay, Hosanna fait partie des créations les plus jouées dans le monde.

ENSEMBLE – COMPAGNIE THÉ TRALE LGBTQ est une compagnie théâtrale (ou troupe de théâtre) Queer+ (lgbtq+) à Montréal ayant pour mission de réunir des personnes issues des diversités qui sont passionnées par le théâtre.


Comédie de Montréal, du 12 au 22 mai 2021
Bar L’Ôtre Zone de Sherbrooke, le 8 mai 2021
Textes
Michel Tremblay
Mise en scène Jean-François Quesnel
Distribution
Marc-André Leclair (alias Tracy Trash)
Jacob Lévesque

Scénographie : Éric Charest
Crédit photo : Martine Poulin

Site Web Billetterie :
https://lepointdevente.com/?q=Hosanna&locality=11&radius=100

Relations de presse
Jean-François Quesnel (directeur fondateur)
438-351-9855
[email protected]


Que c’est beau Baie-Comeau en ce 8 avril 2021 ! Depuis quelques jours, le temps est magnifique. Je peux marcher du Manoir de Baie-Comeau jusqu’à l’extrémité du quai. Que c’est beau Baie-Comeau, en longeant la côte dans le parc des Pionniers, entre le bleu de la mer et celui du ciel ponctué de quelques traînées blanches, en regardant la noria des crabiers dans le port. Que c’est plaisant de croiser nombre de chiens, tous en laisse, tirant et promenant leurs maîtres et maîtresses, même de rencontrer des petits jappeurs qui habituellement me tombent sur les nerfs… Je suis de bonne humeur ces temps-ci. C’est le printemps !
« Bonjour, il est bien beau votre chien… Est-ce vous qui l’avez tricoté ? » Et, la dame de répondre qu’elle venait d’adopter ce caniche au pelage bouclé, comme cette laine que l’on achetait dans les années soixante-dix pour se faire des ponchos en écoutant Joan Baez. 

Que c’est beau Baie-Comeau, quand deux p’tits vieux — plus jeunes que moi —, un homme et une femme, assis sur un banc public, personnes que je ne connais pas, s’extasient sur le beau temps et que je réponds espérer que cela va durer jusqu’au 15 décembre, ne tolérant la neige que juste pour Noël et le jour de l’An! 

Oies blanches à Baie-Comeau

Que c’est beau Baie-Comeau, quand les centaines de canards de la baie ondulent au gré des rides de l’eau et quand monsieur Canard plonge, laissant madame Canard seule sur son rocher affleurant au poli noir. À mon retour, plus de trois-quarts d’heure plus tard, elle sera encore seule, alors que son île aura doublé de superficie à marée baissante. 

Que c’est beau Baie-Comeau, quand, au loin, trois petits amas de neige, vestiges de la dernière bordée, font penser à un chat blanc relevant la queue pour pisser sur le chemin et que l’eau de la montagne s’engouffre dans une conduite trop étroite pour se jeter en cascades dans le fleuve! 

Que c’est beau Baie-Comeau, en passant devant la Bamba, le voilier de mon voisin et ami qui s’ennuie sur son traîneau dans l’attente d’affronter les humeurs du fleuve! De nombreux mariniers estivaux sont déjà à l’œuvre pour les radoubs du printemps. 

Que c’est beau Baie-Comeau en regardant les marins-pêcheurs décharger leurs centaines de paniers de crabes, même si on ne peut pas en acheter un seul sur place, comme cela se fait dans ma Bretagne natale, ou dans les ports du Mexique, de l’Italie et ceux de l’Espagne… J’ai retenu le nom d’un de ces crabiers, le Nutamet de Caraquet. Sans doute en raison de l’assonance. 

Que c’est beau Baie-Comeau, même en regardant l’insipide bâtiment cubique abritant le club nautique et l’information touristique, expression grandiose du non-génie d’un architecte sans imagination! Je vous l’ai dit, c’est le printemps et je suis de bonne humeur. Je peux au moins m’asseoir un instant à une de ses tables à pique-nique de la terrasse pour reprendre mon souffle. Qu’il est beau le F-A-Gauthier, ce magnifique traversier né en Italie, et dont l’unique fonction où il excelle est de se pavaner dans des cales sèches de chantiers maritimes, tel un bellâtre génois flamboyant et désœuvré devant la porte fermée de son usine. Je rêve pour ce bateau d’une métamorphose en hôtel-restaurant de luxe flottant, amarré à quai, avec dans ses cales un immense stationnement pour les Rolls, les Bugattis et les Maybachs de ses riches convives. C’est vrai, son design est incontestable.
Que c’est beau Baie-Comeau, alors qu’il n’y a aucun cargo à quai, ralentissement économique oblige, ce qui permet à des quidams comme moi d’y déambuler en toute quiétude et de poursuivre la conversation de la veille avec une amie journaliste et son chum! Que c’est beau d’apercevoir à tribord le Nutamet repartir pour le large dont le sillage chahute un kayakiste et son kayak. Le premier de la saison. Quel plaisir de tourner sur soi-même à 180 degrés au bout du quai en clignant des yeux pour découvrir quelques chalets et hameaux, dans le lointain, fragilement adossés à ces collines menaçantes, afin de terminer son panoramique sur le Manoir de Baie-Comeau et les maisons avoisinantes accrochées à flanc de montagne! Vanité bien précaire de l’occupation humaine. Que c’est beau de faire un pas de côté pour éviter d’écraser une coquille d’oursin évidée et desséchée, reliefs d’un festin de goéland abandonnés sur le béton! 

Que c’est beau Baie-Comeau, en constatant à mon retour que les deux p’tits vieux n’ont pas quitté leur banc public et d’échanger des sourires. Que c’est beau de rencontrer une maman et sa petite fille en tricycle intriguée par une fissure dans l’asphalte! Et moi de dire : « Ouvre bien les yeux. Il y a un fantôme rose caché au fond du trou… » La mère est entrée dans mon jeu. 

Que c’est beau Baie-Comeau, quand je croise pour la troisième fois une dame qui s’arrête devant le banc où je me repose un instant face à la mer et qui me chante avec de grands gestes : « Il est où le bonheur ? ». Et, je regagne ma voiture sur le stationnement. Je consulte ma montre. Elle m’indique que j’ai fait près de huit mille pas…
Crédit photo site Internet de la Ville de Baie-Comeau

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