La machine de Turing

par andré gagnon

Dès le 24 janvier sur la scène du Théâtre du Rideau Vert,, Benoit McGinnis se glissera sous les traits d’un héros qui contribua à mettre fin à la Seconde guerre mondiale : le brillant mathématicien Alan Turing. Dans La Machine de Turing de Benoit Solès, aux côtés de Gabriel Cloutier Tremblay, Jean-Moïse Martin et Étienne Pilon, et sous la direction du metteur en scène Sébastien David, Benoît McGinnis tâchera de réhabiliter un être exceptionnel pourtant méconnu
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Machine Turing
UN DESTIN TRAGIQUE ET HORS NORME

Plusieurs connaissent aujourd’hui les exploits du mathématicien Alan Turing grâce au film The Imitation Game (Le jeu de l’imitation) mettant en vedette Benedict Cumberbatch. C’est lui qui a inventé un gros appareil – qu’on considère aujourd’hui comme étant le premier ordinateur – afin de briser le code secret de la machine Enigma, que les Allemands utilisaient pour crypter leurs messages, et ainsi mettre fin plus rapidement à la Seconde guerre mondiale.
« Alors, quoi de mieux qu’une machine pour battre une autre machine ? Et qui de mieux qu’un fou pour battre un autre fou ? »
Pourtant, ce que plusieurs ignorent, c’est que ce héros est resté anonyme toute sa vie, contraint par les services sercrets britanniques à conserver ses extraordinaires exploits pour lui. Mais ce qui le ronge davantage encore, c’est un second secret : son homosexualité, qui n’est alors pas tolérée dans sa société et son époque. Sur ses épaules pèse le lourd poids de ces deux secrets, mais aussi du silence qu’il se doit de conserver. Persécuté en raison de ses préférences sexuelles, Alan Turing vit dans la honte et n’est pas pris au sérieux lorsqu’il porte plainte après avoir été cambriolé. C’est d’ailleurs son interrogatoire par un inspecteur de police qui le fera revenir sur sa vie et, en bout de ligne, qui le verra condamné pour grossière indécence et outrage aux mœurs devant le tribunal. Est-il seulement possible de porter une si grande souffrance tout en étant si brillant ?

UN SUJET DES PLUS ACTUELS

Alan Turing est aujourd’hui considéré comme étant le père de l’ordinateur et l’un des pionniers de l’intelligence artificielle. Ses travaux sont fondateurs de l’informatique en tant que science, et ses réflexions scientifiques et philosophiques nourrissent encore les débats. Mais au-delà de ses avancées technologiques, c’est son intégrité et sa lutte pour assumer son homosexualité dans une époque où celle- ci était illégale, qui lui font honneur, alors qu’encore une dizaine de pays dans le monde rendent l’homosexualité passible de peine de mort, et que plus de 70 nations la considèrent toujours comme un délit.

« Présenter La Machine de Turing est presque un devoir de mémoire. L’histoire d’Alan Turing est renversante. Persécuté et humilié parce qu’il était homosexuel, il est demeuré fidèle à ses valeurs en faisant face à la justice de l’époque. On peut dire qu’il a été un pionnier aussi pour les droits et libertés. Il n’y avait qu’un comédien pour chausser les bottes de ce grand homme : Benoit McGinnis. » – Luce et Lucie Rozon, Agents Doubles Productions

UNE PIÈCE PRIMÉE EN FRANCE

Créée en 2018 au festival Off Avignon, puis jouée au Théâtre Michel, La Machine de Turing de Benoit Solès connaît toujours à ce jour un grand succès en France. Interprétée par son auteur lui-même (dans le rôle de Turing), la pièce s’est vue remettre quatre prix Molière, soit celui de la meilleure pièce de théâtre privé, celui du meilleur comédien dans un spectacle de théâtre privé (Benoit Solès), celui du meilleur auteur francophone vivant (Benoit Solès) ainsi que celui du meilleur metteur en scène d’un spectacle en théâtre privé (Tristan Petitgirard)
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LA MACHINE DE TURING
24 janvier // 24 février 2024
Une production
Une pièce de Benoit Solès Adaptation Maryse Warda Mise en scène Sébastien David



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