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Une première exposition pour l’ex-ministre Réjean Hébert

Les médecins Réjean Hébert et Yvon Boilard dévoilent un pan méconnu de leur vie dans l'exposition L’homme, dans tous ses états, présentée au Centre culturel Pierre-Gobeil à Sherbrooke.

J'aime encourager les artistes et j'aime le beau ! explique d'emblée Réjean Hébert, aujourd'hui retraité, mais toujours aussi passionné d'art. Yvon Boilard et lui sont bien connus pour leurs recherches et leurs carrières à la faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke. Cette fois, les deux hommes présentent un aperçu de leur propre collection d'œuvres d'art.

Pour l'amour des voyages et de l'art

Ce sont des œuvres qui suscitent une réflexion, qui suscitent une émotion, et nous voulons partager ça avec nos amis et la population. C'est la première fois qu'on rassemble nos œuvres d'art. Les grands voyageurs ont acquis, depuis 25 ans, une centaine d'œuvres d'art, ici comme à l’étranger, notamment en Asie, en Afrique, mais aussi au Canada et au Québec.

Par exemple à Mexico, y'avait un rassemblement d'artistes et le sculpteur était là avec cette œuvre, qui représente la solidarité masculine; ça nous a beaucoup marqués. On a ramené de Cordoue des sculptures en papier mâché, il y a des œuvres du Vietnam, d'autres d'Europe, de Monaco et de Nice où on a habité il y a quelques années d'ailleurs, raconte Réjean Hébert. Des trouvailles dénichées un peu partout, soit au hasard des rencontres, dans des galeries, des restaurants ou dans le cadre d'encans.

L'homme dans toute sa beauté

L'exposition présente donc 85 œuvres, qui illustrent toutes la figure humaine masculine, à travers différents médiums. Il y a des portraits de bébés, de personnes âgées masculines, des sculptures, des personnages troublés, des estampes. résume la commissaire de l'exposition, Suzanne Pressé, emballée par la proposition.

Réjean Hébert ne se définit pas comme un collectionneur professionnel. Un collectionneur, c'est quelqu'un qui est capable de sentir les tendances et de pouvoir faire des achats d'œuvres d'artistes qui deviendront des figures marquantes de l'art contemporain. "On n'est pas dans ce genre de collections. On est dans une collection où on aime ce qu'on achète, explique l'amateur d'art.. Ce n'est pas pour détecter de nouveaux talents, c'est plus pour embellir".

Après les grands succès Les feluettes (2016) et La Beauté du monde (2022), le dramaturge québécois Michel Marc Bouchard récidive en signant le livret de La Reine-garçon, une adaptation de sa pièce de théâtre, Christine, la reine-garçon. Il retrouve ainsi son complice, le compositeur Julien Bilodeau, avec qui la chimie est incontestable. Venez entendre de grandes voix d’ici dont celle de Joyce El-Khoury et Etienne Dupuis, dans une mise en scène d’Angela Konrad (Yourcenar, une île de passions – 2022).

NUL BESOIN DE TRÔNE LORSQU’ON SE TIENT DEBOUT.

Christine, reine de Suède, gouverne un peuple qui sort tout juste de la longue guerre de Trente Ans. Alors que de grandes réflexions philosophiques et scientifiques émergent partout en Europe, la reine Christine, élevée comme un garçon par son père, cherche à mieux comprendre la noirceur qui l’habite. Amour, convictions, devoir : comment faire la part des choses?

Le château d’Uppsala, 1649. La reine Christine, plus mâle que ses hommes de guerre, plus érudite que ses savants, fait venir dans son royaume René Descartes afin qu’il lui enseigne le mécanisme des passions qui habitent l’âme. Tiraillée entre le masculin et le féminin, entre foi et savoir, entre son amour pour une femme et l’État qui exige un héritier, elle cherche la vérité, sa vérité – en dépit de la rapacité des nobles, de l’ardeur des prétendants, de la folie de sa mère et, surtout, en dépit des fulgurances de ses propres passions.

C’est la première fois qu’ils travaillent ensemble et pourtant, leur complicité saute aux yeux. Au fil de la conversation, ils se relaient, se relancent, complètent les propos et les réflexions de l’autre. On se changerait volontiers en petit oiseau pour capter tous leurs échanges au sujet de l’art. Ils nous en livrent ici une bribe, en lien avec leur travail sur la prochaine production de l’Opéra de Montréal.

Voici Michel Marc Bouchard, dramaturge et librettiste, et Angela Konrad, metteure en scène, réunis pour La Reine-garçon.

UNE UNION ARTISTIQUE NATURELLE

Artistiquement, l’admiration qu’ils se vouent l’un à l’autre est évidente. « Une des premières pièces de théâtre que j’ai vu en arrivant à Montréal, c’est Tom à la ferme de Michel Marc. Il a marqué mon arrivée ici », se remémore la metteure en scène d’origine allemande. « On n’a jamais travaillé ensemble, mais c’est tout comme!», s’exclame l’auteur. « C’est vrai qu’il y a une complicité naturelle entre nous. »

C’est d’ailleurs l’auteur qui suggère le nom de sa collègue lorsque vient le temps de compléter l’équipe de création pour l’adaptation de sa pièce théâtrale Christine, la reine-garçon à l’opéra. « Elle est parfaite pour l’œuvre. Non seulement j’aime beaucoup son travail, mais je sens une sensibilité particulière entre elle et le personnage de Christine. C’est formidable quand le projet devient le prolongement de l’individu. »

D’UN MÉDIUM À L’AUTRE

Les deux artistes très bien établis dans le milieu théâtral n’en sont pas à leurs premières armes dans le monde lyrique. Pour Michel Marc, il s’agit de l’écriture d’un troisième livret après Les Feluettes en 2016 (également adapté d’une de ses pièces) et La Beauté du monde en 2022. Angela, pour sa part, met en scène le personnage historique de Christine, reine de Suède, après s’être penchée sur l’écrivaine Marguerite Yourcenar en 2022.

Qu’est-ce qui leur a donné envie de récidiver après avoir goûté aux coulisses de l’art lyrique? « Je trouve qu’à l’opéra, il y a quelque chose de plus grand que nous », explique l’auteur. « Quand ça commence, j’oublie totalement que c’est moi qui ai écrit ça. La part d’écriture du compositeur et du metteur en scène ou de la metteure en scène est énorme, alors il y a toute une part d’inconnu pour moi qui me séduit et me ravit. »

« La force émotionnelle véhiculée par la musique et par la virtuosité des interprètes apporte quelque chose de l’ordre de l’excès et de la démesure qui dépasse le mode dramatique théâtral », ajoute Angela. « La musique de l’opéra porte une dimension surhumaine et surnaturelle. »

APPRIVOISER LE TEMPS ET LA STRUCTURE

Pour la metteure en scène habituée à construire l’architecture de ses pièces à partir de son travail avec les acteurs et les actrices, une des grandes différences à l’opéra se situe au niveau de la gestion du temps.

« Au théâtre, le vivant crée la machine alors qu’à l’opéra, le vivant s’intègre à la machine. Je rencontre les solistes très tard dans le processus, il y a donc tout un travail de préconception à faire d’abord. Je dois rapidement prendre des décisions et mettre en place un premier dessin. Parfois, on a des surprises : on a beau travailler à partir de la partition, le vivant génère quand même des dynamiques qu’on ne perçoit pas sur papier. On se laisse traverser par ce qui arrive en salle de répétition et on a peu de temps pour jongler avec tout ça. C’est à la fois le danger et la beauté de la chose. »

ENTRE RAISON ET PASSION : LE BERCEAU DE LA MODERNITÉ

Dans le récit historique, la reine Christine, tiraillée entre sa raison et son cœur épris de passion pour sa première dame de compagnie, tente d’éclairer les remous de son esprit. Comment cette histoire sise au XVIIe siècle peut-elle résonner si fort aujourd’hui?

Pour l’auteur, «il y a quelque chose dans les volontés de modernité chez Christine qui sont très contemporaines. Elle parle de choses que toute nation devrait revendiquer : la curiosité, le savoir, l’art, l’éducation. » « Il y a aussi Descartes dans le tableau », renchérit Angela. « Christine pose toutes les questions que pose Descartes, elle l’incarne, elle le vit. Suis-je le sujet de mes actions, de mon désir? De ma vie, de mon destin? C’est l’arrivée d’un “je” universel qui incarne la question de l’action et de l’intention. Tout est là. C’est le berceau de la modernité. »

Qu’est-ce que l’amour? Et comment l’éradiquer? « Les tourments qu’elle ressent face à son sentiment amoureux ne sont pas dus aux contraintes politiques ou aux mœurs de l’époque, mais au fait que l’amour est quelque chose qui lui échappe dans sa quête de libre arbitre », ajoute l’auteur.

Tournant le dos à une société sclérosée, l’héroïne choisira la richesse de l’esprit. « Et ça, c’est très, très fort », affirme la metteure en scène. « Ce sont des valeurs universelles, qui dépassent les enjeux d’actualité. Elles sont de tout lieu et de toute époque. »

Un destin qui résonnera à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts les 3, 6, 8 et 11 février prochain. « Avec une distribution en or », se réjouit celui qui a porté Christine au théâtre, au cinéma, puis maintenant à l’opéra.

C’est cette semaine selon le calendrier établi par le gouvernement fédéral que les entreprises qui ont eu recours au Compte d’urgence pour entreprises canadiennes (CUEC) en 2020 pour faire face aux pertes encourues en raison des mesures sanitaires, doivent rembourser jusqu’à 40,000$ si elles veulent bénéficier du rabattement qui peut aller jusqu’à 20,000$ sur un prêt de 60,000$. Et ce malgré les demandes unanimes des provinces, de nombreuses municipalités, de la Fédération canadienne des entreprises indépendantes, du Bloc Québécois, du NPD et de tant d’autres intervenants qui considèrent ce délai irréaliste pour les PME dans le contexte actuel. Encore une fois, la même arrogance ‘Ottawa knows best’.

CUECCUEC

CUEC


 Pour beaucoup de petites entreprises, ce rabattement était la seule forme d’aide non-remboursable qu’elles ont reçue durant la pandémie malgré que les mesures exceptionnelles de confinement aient affecté de nombreuses entreprises jusqu’à l’automne 2022, particulièrement celles des secteurs récréotouristiques et culturels. Une aide toute en contraste avec celle offerte aux grandes entreprises inscrites en bourse qui ont pu compter sur des subventions salariales même quand elles continuaient d’être profitables. Des subventions pour la grande entreprise, de l’endettement pour les PME, un scénario très fréquent.
Si la plupart des entreprises bénéficiaires ont remboursé ce prêt à ce jour pour bénéficier du rabattement, il en va autrement de celles des secteurs récréotouristiques et culturels. Si beaucoup de secteurs d’activités ont été affectés durant la première année de la pandémie, il en va autrement pour les années 2021 et 2022. Durant les deuxième et troisième années de la pandémie, ce sont surtout ces secteurs d’activité qui ont été affectés avec les confinements, couvre-feu et fermeture des frontières, alors qu’aucune donnée épidémiologique ne les identifiait comme des foyers importants de propagation de la pandémie. Les gouvernements ont tout simplement décidé que ces secteurs d’activité étaient moins essentiels en oubliant que pour des centaines de milliers de gens, ce sont leurs gagne-pains et leurs entreprises qui ont été sacrifiées. Les aider financièrement était bien la moindre des considérations. Surtout quand on sait que la pandémie s’est prolongée en raison du laxisme du gouvernement fédéral à mettre en oeuvre les mesures de quarantaine qu’il pouvait appliquer en vertu de la loi dès janvier 2020.
Les entreprises qui sont aujourd’hui incapables de rembourser ce prêt dans le délai fixé ne demandent pas d’effacer leur dette. Elles ne demandent que de reporter le délai de remboursement pour bénéficier de ce rabattement. Quand des entreprises ont vu leurs activités affectées de façon disproportionnée par les mesures prises par les gouvernements pendant trois ans, leur demander de rembourser la dette contractée en un peu plus d’un an est tout simplement irréaliste. Pour des dizaines de milliers d’entreprises qui sont souvent les jeunes pousses innovantes de ces secteurs d’activité, ça risque de les pousser à la faillite et de créer des centaines de milliers de perte d’emploi. Surtout avec l’inflation, la flambée des prix et la dégradation de la situation économique et sociale qu’a généré la pandémie. On en voit tous les jours les conséquences en circulant sur nos artères commerciales où le nombre de locaux vacants atteint des records. Pour l'offre touristique, la fermeture de ces entreprises innovantes est une perte considérable.


L’affaiblissement de nos communautés


Pour les communautés LGBT qui ont toujours compté largement sur ces pôles de sortie que sont les Villages comme points d’appui, surtout en l’absence d’aide gouvernementale significative pendant des décennies et jusqu’à ce jour pour soutenir l’action communautaire, le déclin de ces entreprises ne peut que contribuer à l’affaiblissement de nos communautés et renforcer la discrimination systémique. On le voit nettement dans le Village à Montréal qui avait assez bien résisté depuis le début du siècle au recul de la vie nocturne qui a accompagné le déclin des quartiers LGBT dans de nombreux pays. Le pourcentage de locaux vacants sur la rue Ste-Catherine dépasse les 20% et la misère humaine en hausse depuis la pandémie, stimulée par une politique d’immigration irresponsable du gouvernement fédéral, aggrave la situation.
De la même façon, en pleine crise des médias, la pandémie a durement affecté les médias LGBT qui comptent essentiellement sur les revenus publicitaires provenant d’entreprises des secteurs récréotouristiques et culturels. Ce qui ne peut à son tour que contribuer au déclin des communautés.
C’est à se demander jusqu’à quel seuil d’impopularité le gouvernement Trudeau doit dégringoler pour abandonner ce mépris qui contredit tous ses beaux discours d’’être là pour tous les Canadiens et Canadiennes’, et rectifier le tir?


André Gagnon 

Éditeur, Guides GQ

Avancez dans la pénombre, entouré de murmures de noctambules. La nuit se dévoile, dans un salon, dans la ville ou dans le cosmos.

 
C’est connu : la communauté gaie, particulièrement les hommes gais, a depuis longtemps compté parmi les plus grands amateurs d’activités nocturnes, que ce soit dans les bars, les discothèques, les événements de la Fierté ou encore les divers « raves » où on danse dans une atmosphère endiablée et sexy jusqu’aux petites heures du matin et même davantage…

 
La nuit invite à l’excès, au secret, à l’innovation, à l’intimité autant qu’au rapprochement ; la nuit est aveugle du genre, de la couleur, de la race, de la langue et même des préférences sexuelles. Par ailleurs, la nuit est aussi pour plusieurs un refuge où tout est permis, possible et acceptable.

Voir la nuit
Depuis la nuit des temps, l’humain cherche à repousser la nuit.


Le Musée national des beaux-arts de Québec (MNBAQ), en collaboration avec le Musée de la civilisation de Québec, a décidé de présenter la nuit et de la montrer au grand jour, avec une exposition intitulée « Voir la nuit » ! Mettant en valeur les œuvres de la collection du MNBAQ, l'exposition collective, présentée jusqu’au 17 mars prochain, se déploie autour du thème de la nuit et des nocturnes. Elle place les œuvres au cœur d’une atmosphère enveloppante et intime, dans laquelle les visiteurs seront guidés par leurs sens et leurs émotions, voire leurs souvenirs.


De salle en salle, on fait place à l’imaginaire. Les flammes vacillantes et les néons clignotants transpercent la noirceur. En tendant l’oreille, la musique étouffée d’un bar tout proche se fait entendre, des pas résonnent, l’orage gronde au loin, les bruits nocturnes sont amplifiés dans cet univers feutré. Une invitation à prendre son temps, à être à l’écoute de ses sens. Et à se demander comment la nuit résonne en nous.

Voir la nuit
« En plongeant les salles d’exposition du pavillon Pierre-Lassonde dans l’obscurité, en recouvrant le sol de tapis pour étouffer le bruit des pas et, pour une première fois au MNBAQ, en éliminant les textes explicatifs qui accompagnent traditionnellement les œuvres pour les rassembler plutôt près de la sortie, les artisans de Voir la nuit pensent pouvoir ralentir le rythme des visiteurs et les inciter à réfléchir davantage à ce qu’ils contemplent », explique la commissaire de l’exposition, Maude Lévesque.

Voir la nuit
« La nuit nous prive d’une vue parfaite. On devient plus attentif à ce qui se passe autour de nous. Nous sommes plus intuitifs. C’est pour cela que ça avait du sens de ne pas mettre de textes », renchérit Mme Lévesque.


Voir l’art autrement
L’exposition veut mettre en lumière la virtuosité des artistes pour rendre sensible l’obscurité, en faisant émerger de l’ombre, formes, visages et paysages, ou encore, en représentant les méandres des rêves. « Voir la nuit », c’est une rencontre avec la lumière nocturne, qu’elle soit naturelle comme celle de la lune et des étoiles, ou bien artificielle, comme celle des bougies et des ampoules électriques.

Voir la nuit
Constituée de plus de soixante œuvres de la collection du MNBAQ, de l’art ancien à l’art actuel, et d’une quinzaine d’œuvres de la collection du Musée de la civilisation, l’exposition réunit une sélection de dessins, d’estampes, de peintures, de photographies, de sculptures, de vidéo ainsi que différents objets intrigants.

 
Les organisateurs ont également produit un balado sous le thème L'ART DANS MA NUIT. L'exposition, mais surtout la nuit, racontée par ceux et celles qui la vivent différemment : adepte d'astronomie, employé d'aéroport, d'hôpital ou de bar et, bien sûr, gardien de musée ! Disponible sur le site Web du MNBAQ.

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Présentée jusqu’au 17 mars 2024.
Le MNBAQ est fermé le lundi, mais ouvert les autres jours de 10 heures à 17 heures (le mercredi jusqu’à 21 heures, demi-tarif dès 17 heures). Gratuit les premiers dimanches du mois pour les résidents de Québec.

Pour la billetterie en ligne (réduction automatique de 3$) : mnbaq.org/billetterie
Par téléphone : 1 866 220-2150

Voir la nuit

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