Le Saint-Crème à Alma : quand l’audace enfante un chef-d’œuvre

par pierre perreault

Par Pierre Perreault
27 décembre 2025


Il a eu 26 ans en 2025, mais c’est à 21 ans que Vincent Lavoie a mis en branle ce projet de jeune entrepreneur de transformer une église en un lieu exceptionnel : le Saint-Crème est né d’un concept unique alliant hôtel-relais, restaurant et crèmerie. Si à l’époque tout le monde y voyait une idée audacieuse, aujourd’hui on doit se rendre à l’évidence que le rêveur a finalement fait tomber tous les doutes et les scepticismes.

Le Saint-Crème offre aux touristes ainsi qu’aux locaux une expérience originale et rassembleuse à l'intérieur d'une ancienne église transformée, à Alma, au Lac-Saint-Jean. Au niveau du jubé, on retrouve 10 chambres d'hôtel modernes. Au niveau de la nef et du cœur prennent place un restaurant et une crèmerie. L’ambiance vivante et marquante de ce concept innovant met en valeur les éléments patrimoniaux de ce magnifique bâtiment et en assure sa signature.

 Saint-Crème Saint-Crème Saint-Crème

Le restaurant offre les collations, déjeuners traditionnels, diners et soupers. Le menu est composé de soupes, sandwichs, mets régionaux du Lac-Saint-Jean, avec boulangerie sur place, pizza le vendredi soir et café de spécialités au restaurant avec permis d’alcool. En saison, la crèmerie du Saint-Crème offre une recette spéciale à chaque semaine, en plus des crèmes molles classiques, d'une sélection de mochi, sundae, yogourt glacé, options vegan et en sus, ses cornets gaufrés maison.

Saint-Crème Saint-Crème Saint-Crème

L’ancienne église catholique de 1938 du secteur de l’Isle-Maligne ressuscitée en un superbe hôtel est remplie d'histoire. Pas étonnant que son nouveau propriétaire ait choisi d’en conserver de larges pans sous diverses formes. Vincent Lavoie n’est pas issu d’un milieu entrepreneurial. Il a bien tenu une affaire de lavage de voitures dans le garage familial dans sa jeunesse, jusqu’à ce que ça devienne trop gros pour se poursuivre à cet endroit.

Toutefois, c’est la musique et les arts qui l’attirent davantage à l’époque. Ses études en comptabilité ont peut-être éveillé chez lui son instinct entrepreneurial. « J'ai toujours eu ce feu en moi. Depuis tout jeune, j'avais ce besoin de créer, de bâtir quelque chose de mes mains. À l'adolescence, je donnais des cours de musique, puis j'ai monté ma première entreprise en esthétique automobile. Après ça, l'immobilier m'a attiré : j'achetais, je gérais, je revendais. Mais au final, je cherchais un projet qui allait vraiment me passionner, quelque chose de plus grand, de plus créatif », explique-t-il en entrevue à une publication d’affaires en février dernier.

C’est alors qu’il occupe un emploi à la Corporation de développement économique d’Alma Lac Saint-Jean (CIDAL) qu’il se met à réfléchir à ce tournant professionnel. Il commence alors à frayer avec l’immobilier : achat, gestion, revente. Mais au final, il visait un projet qui allait vraiment le passionner, « quelque chose de plus grand, de plus créatif », explique-t-il. Son intérêt pour les églises était déjà présent. Apprenant que la petite église d'Isle-Maligne pourrait être à vendre, il se lance. Sans plan bien défini quant à ce qu’il allait en faire, à 22 ans, il en devient propriétaire. Cinq jours après l'achat, la crèmerie ouvrait ses portes, sans rien changer à l'intérieur.

Puis le Saint-Crème prend forme et profite de sa localisation stratégique : proche de la Véloroute et des sentiers de motoneige l'hiver, voisin d’un lieu touristique important avec l’Odyssée des bâtisseurs et son circuit de l’ancienne ville de l’Isle-Maligne, entre autres. Le secteur n’offrant aucun service de restauration, il y voit un potentiel important. Ainsi, après la crèmerie, arrive l'hôtel-relais, et enfin le restaurant.

 Saint-Crème Saint-Crème Saint-Crème

Déterminé comme pas un, il réussit à s’allier des partenaires importants pour boucler le financement du projet. Son banquier y voyait plusieurs risques avec son budget de 2,3 millions $ au départ. C’est donc avec l’aide d’un entrepreneur local « visionnaire » que d’autres institutions ont décidé d’emboîter le pas pour soutenir financièrement le projet du Saint-Crème.

En alliant sa passion avec son sens des affaires, Vincent Lavoie, qui est maintenant associé à sa conjointe Ariane Tremblay, a su mener à terme ce qui est aujourd’hui un élément important du secteur touristique de la région. Pas étonnant que déjà en 2024, Le Saint-Crème, a remporté deux honneurs au Gala des Lauréats de la Chambre de commerce et d’industrie Lac-Saint-Jean-Est : Personnalité masculine de l'année pour Vincent, et le prix Jeune entreprise pour le Saint-Crème. En 2023, au 25e gala des Grands Prix Desjardins d’OSEntreprendre Vincent Lavoie s’était démarqué du lot avec le Grand Prix de l’entrepreneuriat jeunesse incluant des bourses totalisant 20 000$.

Aujourd’hui, le Saint-Crème emploie près de 40 personnes. Qu’est-ce qui mijote dans la tête de son fondateur pour le futur ? L'idée d'une franchise flotte dans l’air. Rien n’est encore déterminé à cet effet. Il croit que son modèle d'affaires pourrait fonctionner ailleurs. Il dit recevoir régulièrement des appels de villes souhaitant lui proposer de redynamiser leur église.

Saint-Crème Ariane Tremblay et Vincent Lavoie

Rappelant son attachement à la région qui l’a vue naître, il considère important de développer des projets qui ont un impact positif sur la communauté. Qu’est-ce qui le rend fier après ces années de travail acharné et de réussite ? Sa gestion à 100 % locale misant sur des produits régionaux et le souci accordé aux détails des aménagements et de la conservation du patrimoine font sa fierté et le convainquent des bons choix qu’il a faits. « J'ai réussi à créer un modèle d'affaires qui me ressemble, un lieu où on peut s'amuser tout en travaillant » expliquait-il dans une entrevue en 2025. Vincent Lavoie se donne aussi le droit de vivre d’autres passions, comme la moto et les voyages. Il entretient aussi son goût pour le « vintage », la restauration de vieux objets. Il a aussi une collection de guitares qui comptent beaucoup pour lui.

Chose certaine, Le Saint-Crème n’est pas une finalité pour lui. Il le voit plutôt comme l’assise d’une entreprise en devenir dont les orientations demeurent à être fixées. Vincent le répète : il aime apprendre, il adore repousser ses limites. Sans contredit, ce sera quelque chose de différent, probablement d’étonnant, d’aussi extravagant que passionnant.

Saint-Crème

lesaintcreme.com
1657, ave. Du Pont N.
Alma (Qc) G8B 5G2
418 583-3432

Du Saint-Chrème au Saint-Crème
Aux fins de l’information de certaines personnes qui n’ont peut-être pas connu ces rites de l’église catholique, le saint-chrème est une huile parfumée consacrée (olive, baume, etc.), employée pour les onctions dans certains sacrements (la confirmation, l'ordre, le baptême). De là à donner ce nom à une crèmerie installée dans une église, il n’y avait qu’un pas.

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