Choses à faire

Quiconque a déjà assisté au soufflage du verre, en réel ou dans un reportage à la télé par exemple, sera d’accord pour exprimer son étonnement et son ravissement à la vue de cette masse de matériau en fusion se transformer pour devenir une créature de l’artisan.


À La Baie, au Saguenay, l’entreprise Touverre créée par le professeur détenteur d’une maîtrise en arts plastiques de l’UQAM, Giuseppe Benedetto, constitue un lieu unique de découverte et d’expérimentation. C'est à la suite de formations suivies auprès d'artistes de renommée internationale que ce passionné du verre inaugure, en 1993, la première verrerie d'art au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Touverre
Giuseppe a, à son actif, plusieurs années d'expérience dans le domaine des arts visuels et est l'auteur de nombreuses sculptures. C'est en 1994, avec l'œuvre appuyant son mémoire de maîtrise, que la démarche de Giuseppe a pris une direction basée sur l'utilisation du verre, avec l'acier, le granit, l'aluminium et le bronze.


Principalement, sa démarche s'articule sur une idéologie basée sur l'historicité, le mythe et la symbolique iconographique des objets qui racontent des moments, des idées, des souvenirs. Des objets sujets qui situent l'espace, arrêtent la durée.

 Touverre
C’est dans ce contexte et avec la volonté de rendre accessible cet art qu’il en a fait, il y a 15 ans, un Économusée, qui est d’abord une entreprise œuvrant dans le secteur des métiers d’art ou de l’agroalimentaire qui utilise un savoir-faire authentique dans la fabrication de ses produits. Sur le plan touristique, un économusée constitue un élément novateur car il permet à une entreprise privée de faire connaître au grand public la culture locale et de contribuer de manière significative à la préservation du patrimoine culturel immatériel.


Et pour rejoindre sa volonté d’intégrer dans son concept les éléments géologiques, telle la pierre fine, qu’il a également créé l’Économusée de la taille de la pierre fine, qui loge dans le bâtiment voisin du vieux presbytère. Un endroit unique et fascinant, où on trouve des artéfacts d’autres époques du développement de la terre, ainsi que d’autres pierres fines comme l’amazonite, l’hypersthène et la labradorite. Cet atelier où on travaille la pierre fine sous toutes ses formes conçoit et crée aussi des bijoux.

 Touverre
Ainsi, Touverre répond à ce concept créé au Québec en offrant : une aire de réception où les visiteurs sont accueillis et découvrent ce qu’est un économusée ; un atelier où les visiteurs peuvent voir les artisans au travail et dialoguer avec eux ; un espace d’interprétation du savoir-faire traditionnel ; un espace d’interprétation du savoir-faire contemporain ; un lieu de documentation ; une boutique.
Toutefois, le volet formation n’est pas offert à l’économusée. On s’y consacre en priorité à offrir des cours d’initiation et à recevoir des groupes scolaires ou des touristes.


Giuseppe est fier également de mentionner que l’utilisation de fours électriques limite les émissions de CO2 et réduit l’empreinte écologique de l’entreprise.


Les économusées sont membres du réseau Artisans à l’oeuvre, qui met en valeur la découverte d’un métier ou d’une pratique issus de savoir-faire qui perdurent et qui ont su évoluer dans le temps.

Touverre
De passage à La Baie, il faut vraiment s’offrir ce privilège d’aller assister à la transformation de la matière grâce à la magie du soufflage de verre, en plus de découvrir l'art de la taille de la pierre fine.

Auberge Presbytère La Baie

Touverre
Économusée du soufflage de verre
touverre.com
3205, boulevard Grande-Baie Sud
Saguenay, (arr. La Baie), QC
G7B 1G1
418-544-1660

Souhaitant créer une synergie culturelle sur le site de fondation de la Baie des Ha! Ha!, Giuseppe Benedetto décide de redonner vie au bâtiment du presbytère Saint-Alexis, vieux de 150 ans, voisin de l’église sur le boulevard de la Grand-Baie Sud.

 
Ceux qui connaissent le secteur se rappelleront que c’est là qu’on a subi les pires dégâts matériels lors des tragiques inondations au Saguenay en 1996. Une grande partie de ce qui se trouvait à l’est de l’église et du presbytère Saint-Alexis a été emporté par le déluge vers la rivière Saguenay. Ce fut un miracle que ces deux bâtiments n’aient pas été touchés. Même le Musée du Fjord situé juste en face a été dévasté et ses équipements ruinés, forçant sa fermeture.


Ce faisant, et avec l’imagination et la créativité de Giuseppe, le presbytère devient donc le symbole patrimonial du secteur Grande-Baie de ville Saguenay. On peut aujourd’hui y loger de façon originale et y découvrir une très grande variété d’activités culturelles et sociales à proximité.

Auberge Presbytère La Baie
L’Auberge propose 10 chambres et une suite dans la partie arrière, pour de courts séjours, et 4 appartements au second étage du presbytère, ces derniers étant loués à l’année. L’endroit abrite aussi une galerie d’artistes. Les visiteurs apprécieront le confort et le côté pratique de l’aménagement des chambres conçues pour rendre le séjour des plus agréables. Les chambres sont munies d’un système de ventilation/ climatisation individuel à la fine pointe de la technologie afin d’assurer de la qualité de l’air.


Des lits escamotables permettent de convertir la chambre en petit salon grâce au sofa intégré. Une solution parfaite pour les visiteurs qui apprécient plus d’espace pour vaquer à leurs occupations : télétravail, exercices, yoga, relaxation, cinéma, etc. À noter que les petits déjeuners dans une salle à manger aux murs de pierre richement mis en valeur sont inclus dans les frais de séjour à l’auberge qui offre aussi une vue imprenable sur la baie juste en face.

Auberge Presbytère La Baie Auberge Presbytère La Baie

L’immeuble où se trouvent les chambres loge également l’Économusée de la taille de la pierre fine, un volet de l’entreprise Touverre créée par Giuseppe. Giuseppe Benedetto a débarqué d’Italie avec sa famille à Baie-Comeau en 1967 alors qu’il avait 16 ans. Son père était appelé à travailler dans le secteur industriel. Très vite il a décidé qu’il n’allait pas y faire sa vie ni suivre les traces du paternel. Parce qu’il savait déjà que c’était le monde des arts qui allait être sa destinée.

 
Après des études au Cégep, il obtient un baccalauréat en enseignement des arts de l’Université du Québec à Chicoutimi en 1976. En 1994, Giuseppe obtient une maîtrise en arts plastiques. Il démarre la première verrière d’art au Saguenay-Lac-Saint-Jean où il travaille les multiples techniques du verre et fabrique des pièces variées auxquelles il associe l’aluminium, le granit, le bronze, reliant le traditionnel, le contemporain et l’expérimental.

 Auberge Presbytère La Baie
Son projet de « sauvetage » et de remise en état du presbytère, amorcé en pleine pandémie, a permis de créer un nouvel espace touristique enrichi où se marient l’hébergement et les arts dans un environnement créatif et historique. Giuseppe est aujourd’hui un homme heureux d’avoir sauvé le presbytère de la démolition, un bâtiment construit en 1868. Avant tout travail de rénovation, il a fallu installer 40 poteaux de soutènement et le renforcement en métal des poutres de bois qui soutenait le vieil édifice, explique celui qui a mené à terme ce projet sans se décourager, même si les embûches se sont multipliées.

Auberge du presbytère Saint-Alexis
aubergedupresbyterestalexis.com
3289, boul de la Grande-Baie Sud
Saguenay, Qc
418 544-1660

Le bâtiment abritant les équipements de production et la boutique depuis 2012 est en lui-même une splendeur. Tout de bois et de verre, laissant pénétrer la lumière par de grandes vitrines et mettant en vedette la diversité de produits par des étalages rigoureusement installés, le tout autour d’un grand comptoir circulaire, on y ressent déjà la qualité et la passion des concepteurs dès l’entrée.


Le président de l’entreprise, fils du fondateur, Pierre-Philippe Tremblay, est fier de ce que sa famille a créé et développé. Un peu comme Obélix dans la potion magique, il est tombé dedans quand il était petit. Son père, Donald, un professeur de carrière, voulait au départ, en 1977, cultiver un jardin sur le vaste terrain de 400 acres qu’il avait acquis. Après défrichage, drainage et labour, on s’est dit que ce grand espace invitait à faire le choix d’une culture. À la suite de discussions familiales, le choix s’est arrêté sur la culture d’un petit fruit de luxe, la framboise. Trois ans plus tard, la framboisière Le Cageot était née.

Cageot

Ainsi, le Domaine Le Cageot cultive des petits fruits depuis plus de 20 ans, mettant en vedette aujourd’hui les savoureux bleuets sauvages, les framboises et le cassis. Comme si cela ne suffisait pas, au début des années 2000, on a ajouté des vignes pour l’implantation d’un vignoble artisanal. « Un vignoble dont le raisin est unique, non répertorié, un cépage indigène autochtone qu’on appelle le Saint-André », explique fièrement Pierre-Philippe.


En 2002, l’entreprise familiale en plein essor procède à l’implantation du 1er centre régional de production artisanale de boissons alcoolisées à base de petits fruits avec un vin, deux apéritifs et une liqueur. On ajoute également 13 produits de transformations agroalimentaires : 3 vinaigrettes de vin, 3 confitures, 3 gelées, 1 miel et 3 lies. Il faudra attendre en 2013, pour que la première cuvée de vins soit embouteillée et distribuée : le Père & Fils rouge et le Père & Fils blanc. Le Domaine le Cageot est devenu depuis le plus grand vignoble régional au Lac Saint-Jean.


En 2018, un transfert d’entreprise entre le père et le fils se met en branle et de nouveaux actionnaires s’ajoutent à l’équipe, pour faire place, à un projet de croissance d’envergure. En 2019-2020 seulement, ce sont près de 3,5 M$ qui y ont été investis, notamment dans des équipements de pointe pour la microdistillerie.

 Cageot
Le Cageot a lancé un premier vin mousseux de bleuets sauvages, au Québec et même au monde. De plus, après une décennie à créer son propre cépage, on a mis en terre 8 000 plants de vigne devenant ainsi le 1er vignoble reconnu par la RACJ (Régie des alcools, des courses et des jeux du Québec) au Saguenay–Lac-St-Jean.


En boutique, et sur le site Web pour des commandes en ligne, on retrouve une diversité de produits : alcools et vins, vinaigrettes, gelées et confitures, sirops, tartinades, prêt-à-boire, ainsi que quelques autres produits de collaboration (chocolats, pâtes, foie gras, etc.). Certains produits sont également offerts sur le site du Panier bleu québécois.

Cageot
« Nous sommes reconnus pour notre innovation, notre création, dans la manière d’élaborer nos produits, d’où la spécificité, l’unicité de ces derniers », expliquer le président. « Nous sommes à ce jour, toujours en constante évolution. Notre développons des produits uniques et de qualité supérieure. Pas étonnant donc que le Domaine accumule médailles, prix et hommages qui lui procurent un rayonnement international », conclut-il. Fait à signaler, Pierre-Philippe Tremblay a inscrit Le Cageot et participe à l’organisme Fierté agricole régional, en tant que membre de la communauté LGBTQ. Fierté agricole a pour mission de favoriser une meilleure connaissance des réalités LGBTQ+ en milieu rural et agricole, et de faciliter l’intégration sociale des personnes de diversité sexuelle et de genre partageant un intérêt pour l’agriculture.


Domaine le Cageot emploie une dizaine de personnes à temps plein, plus une dizaine d’autres en saison pour la cueillette et autres tâches. On offre également une salle de réception pour la tenue d’événements spéciaux. Elle peut accueillir plus de 150 personnes assises et 200 personnes en formule cocktail dinatoire. Différentes possibilités, comme mariage, réception, baptême, réunion, congrès, avec bar et repas.
Des visites du domaine et de ses installations sont offertes pour des personnes ou des groupes. On y voit régulièrement des autobus de touristes durant la saison des croisières au Saguenay.

Cageot
Enfin, la question que plusieurs se posent : c’est quoi un cageot ? Le cageot, ou cagette, est une caisse ajourée, très légère et superposable dont l'utilisation la plus fréquente est le transport et l'emballage de fruits et légumes.

Domaine Le Cageot
domainelecageot.com
5455, chemin Saint-André
Jonquière (Québec) G7X 7V4
418-547-2857

le-saint-amour

Le Vieux-Québec est la destination touristique la plus populaire au Québec et compte plusieurs des meilleurs restaurants de la ville. Dans la lignée de Serge Bruyère, plusieurs grands chefs québécois se retrouvent à Québec. Mentionnons entre autres Jean-Luc Boulay (le Saint-Amour et Chez B oulay), Arnaud Marchand (Chez Boulay), Daniel Vézina (Laurie Raphaël) et Louis Pacquelin (Panache). 

Jean-Luc Boulay et Arnaud Marchand de Chez Boulay offrent l'expérience de la cuisine du nord de la France tout en mettant en valeur les produits locaux typiques. Il est situé au rez-de-chaussée de l'élégant Manoir Victoria, sur la rue Saint-Jean. Tout près, M. Boulay préside également les activités de cuisine de Saint-Amour, une figure marquante de la scène gastronomique québécoise. De plus, Saint Amour figure dans le top 10 des restaurants gastronomiques de Trip Advisors et il n'est pas rare de voir une célébrité assise là.

Situé dans un ancien entrepôt du 18e siècle dans le Vieux-Québec et faisant partie de l'Auberge Saint-Antoine, le restaurant Panache propose le menu raffiné du chef Louis Pacquelin. Là, vous pourrez découvrir les objets exposés sur les murs du bâtiment, rappelant la riche histoire de la colonie française.

Les touristes apprécieront également Les Anciens Canadiens, un restaurant établi dans un édifice patrimonial, où vous pourrez découvrir ou redécouvrir certains des classiques de la cuisine traditionnelle québécoise. Près du Château Frontenac, le Continental est réputé pour ses flambés et sa cuisine au guéridon. Tout près, Le Parmesan propose de délicieux plats de la cuisine italienne.

À quelques minutes du Château Frontenac, le Café de Paris vous propose des classiques des cuisines française et continentale.

Rempli de charme, d'histoire et de saveurs délicieuses, le Café de Buade, situé à quelques pâtés de maisons du Château, est le plus ancien restaurant de Québec et propose sa fameuse côte de bœuf ainsi que des burgers, pâtes, poissons et viandes grillées.

Le Pub d'Orsay à proximité est aussi une institution de grande valeur de Québec avec ses grillades, fruits de mer, moules, pâtes et salades.

Sur la rue Saint-Jean, pour un cadre animé, les Frères de la Côte proposent une cuisine copieuse d'inspiration méditerranéenne et leur filet mignon et la viande de cheval demeure un classique. Plus loin, L’Entrecôte Saint-Jean est une véritable institution. Ce bistro d’inspiration parisienne propose le meilleur steak-frites à l’intérieur de la ville fortifiée.

Dans le secteur du Vieux-Port, sur Sault-au-Matelot, plusieurs choix s’offrent aux visiteurs affamés. Dans des décors rustiques ou encore des lieux aux murs remplis d’histoire, les chefs créent quotidiennement des menus originaux qui plairont à tous les goûts.

Par exemple, sur Sault-au-Matelot, L’Échaudé est la pierre angulaire de la gastronomie du Vieux-Port depuis 30 ans. L'ambiance décontractée, le personnel attentionné et une carte des vins de premier ordre compléteront les savoureux plats de ce restaurant et sa cuisine bistrot.

Sur Saint-Paul, venez savourer une cuisine française authentique dans l’atmosphère charmante et romantique du Café Saint-Malo. Fidèle à ses racines de bistro français d’inspiration méditerranéenne, son menu bistronomique met à l’honneur de savoureux produits du terroir.

Du 13 octobre 2022 au 3 janvier 2023

Cet automne, le MNBAQ est fier d’offrir la rétrospective attendue d’Evergon, un artiste phare canadien, né Albert Jay Lunt en 1946 à Niagara Falls en Ontario. Cette exposition majeure couvrira l’ensemble de sa carrière, de 1971 à aujourd’hui, dans une volonté de placer sous une lumière contemporaine cette production au long cours. C’est plus de 200 œuvres qui seront réunies pour la première fois afin de présenter ce personnage haut en couleur et son travail à plusieurs visages.

Considéré comme une véritable icône de la culture au Canada, Evergon fait figure de pionnier sur les plans artistique et social, en croisant des enjeux actuels concernant la diversité culturelle, corporelle et identitaire. L’artiste a mené depuis près de 50 ans une carrière marquée par une recherche photographique, technologique et esthétique audacieuse. Il a produit une imagerie forte, toujours émouvante, parfois irrévérencieuse, souvent dans le prolongement de la peinture classique. La nature à la fois politique et sensualiste de son travail remue des questionnements sur l’identité sexuelle, alors qu’il revisite avec une rare vitalité les genres du portrait, du paysage ou du nu. À travers le collage, l’art de la photocopie et toute une série d’approches photographiques exploratoires, dont le Polaroïd, Evergon approfondit les termes d’une identité masculine et féminine queer, secouant les perceptions trop arrêtées.

La carrière d’Evergon a été portée par nombre d’œuvres saisissantes, notamment les immenses Polaroïds en couleurs des années 1980, pour lesquels il a été mondialement reconnu. Primés, ses travaux en holographie ont aussi été salués par la critique et plusieurs institutions artistiques dans le monde. Sa série sur Margaret, sa mère, renouvelle la représentation du corps vieillissant comme peu d’artistes l’ont fait et a connu une superbe reconnaissance. Evergon est une force créatrice immense : l’identité, la diversité corporelle, l’amour, le désir, le vieillissement sont au cœur de son travail. Comme la mort et la vie, c’est cette dernière sous toutes ses facettes qu’il s’agit de célébrer. Evergon y greffe des notions d’autofiction et d’extimité, une révélation de l’intime dans la sphère publique, courantes aujourd’hui, mais qu’il a explorées tôt dans sa carrière. Pour l’artiste, toutes ses œuvres sont des lettres d’amour.

Les préoccupations d’Evergon rencontrent des enjeux sociaux et artistiques passant outre les limitations socialement construites du corps. Il sort ainsi des clichés en représentant des corps atypiques, sortant des canons de beauté normés, tout en exploitant les pouvoirs séducteurs de la photographie, capable d’inventer des mondes de fiction – des théâtres –, comme avec une autre série majeure dans son parcours, où il imagine la vie de toute une communauté, celle des personnages que sont les Ramboys. Evergon a été et est toujours en parfaite synchronicité avec les enjeux émancipatoires de la photographie : il a remis en question avec force la notion d’auteur en se créant divers alter ego. Il bouscule les fondements de l’image photographique par une esthétique baroque étonnante et balaie les canons de beauté usuels en représentant des corps atypiques auxquels il donne du panache.


Crédit photo :
Evergon, Night Watch I, de la série Ramboys : A Bookless Novel. Works by Egon Brut and Celluloso Evergonni, 1990. Polaroïd, 1/1 281,5 x 112 cm. Collection du MNBAQ, Achat (2019.1032) Photo : MNBAQ, Denis Legendre

Musée national des beaux arts du Québec

Parc des Champs de Bataille
Québec (Québec) G1R 5H3


The Musée national des Beaux-Arts in Québec City will be presenting this fall the long-awaited retrospective of the seminal Canadian artist Evergon, born Albert Jay Lunt in 1946 in Niagara Falls, Ontario. This major exhibition will span his entire career, from 1971 to the present, with a view to shedding contemporary light on the artist’s long-term output. More than 200 works will be assembled for the first time to highlight this colourful individual and his multifaceted work.

Evergon is regarded as a genuine cultural icon in Canada. He is an artistic and social pioneer who focuses on contemporary questions concerning cultural and body diversity and diversity of identity. For nearly 50 years, the artist’s career has centred on bold photographic, technological, and aesthetic research. His always moving and occasionally irreverent striking imagery is often an extension of classical painting. The simultaneously political and sensualistic nature of his work raises questions on sexual orientation. He revisits with rare vitality genres such as portraits, landscapes, or nudes. Through collages, the art of photocopy and an entire array of exploratory photographic approaches, including the Polaroid, Evergon deepens the terms of queer masculine and feminine identity, thereby shaking up fixed ideas.

Numerous striking works underpin Evergon’s career, in particular the immense colour Polaroids from the 1980s, for which he is internationally recognized. Critics and several artistic institutions in the world have also paid tribute to his award-winning work in holography. His series devoted to his mother Margaret renews the representation of the ageing body as few artists have done and has received widespread recognition. Evergon is an immense creative force: identity, body diversity, love, desire, and ageing are at the root of his work. Like death and life, it is the latter in all its facets that the artist celebrates. Evergon grafts on to life notions of autobiographical fiction and extimity, a revelation of the intimate in the public sphere that is common today but that he explored early in his career. The artist deems all his works to be love letters.

Evergon’s concerns encompass social and artistic issues that go beyond the body’s socially constructed limitations. He thus abandons clichés by representing atypical bodies and goes beyond the canons of standardized beauty while relying on the seductive powers of photography, capable of inventing fictional worlds or theatres as is true of another major series in his career, in which he imagines the life of an entire community, that of the characters the Ramboys. Evergon continues to be in perfect synchronicity with the emancipatory challenges of photography: he has forcefully called into question the notion of the author by creating various alter egos. He disrupts the foundations of the photographic image through an astonishing baroque aesthetic and brushes aside the conventional canons of beauty by representing atypical bodies that he invests with panache.

Cumulant 50 années de carrière et plus de 1 000 expositions personnelles et collectives, Evergon est une figure qui apparaissait incontournable au sein de la programmation du MNBAQ, aux dires même de son directeur, Jean-Luc Murray..
Le mercredi 19 octobre, en conférence de presse, le commissaire de l’expo Evergon, qui sera présentée du 20 octobre 2022 au 23 avril 2023, au magnifique Pavillon Pierre-Lassonde, Bernard Lamarche, conservateur de l’art actuel (2000 à ce jour) au MNBAQ, a indiqué que qu’il était fier d’offrir une rétrospective d’Evergon, artiste photographe phare du Canada.
Le directeur général de l’institution, communément surnommée « le Musée des Plaines », parle de cette exposition comme d’une « aventure culturelle exceptionnelle et un grand privilège ». Cette exposition majeure couvrira l’ensemble de la carrière d’Evergon, de 1971 à aujourd’hui, plaçant sous une lumière contemporaine cette production au long cours. « Ce sont plus de 230 œuvres qui sont réunies pour la première fois afin de présenter ce personnage haut en couleur et son travail à plusieurs visages », a-t-il ajouté.

Evergon
Considéré comme une véritable icône de la culture au Canada, Evergon (un surnom adopté en 1975) est né Albert Jay Lunt en 1946 à Niagara Falls, en Ontario, et s’est établi au Québec il y a plus de 20 ans. Reconnu pour sa contribution singulière à l’art contemporain québécois et canadien, il s’est illustré dans la photographie mise en scène et fait figure de pionnier dans plusieurs domaines, notamment sur les plans artistique et social, en croisant des enjeux actuels concernant la diversité culturelle, corporelle et identitaire.
L’artiste maintenant âgé de 76 ans, a mené depuis près de 50 ans une carrière marquée par une recherche photographique, technologique et esthétique audacieuse. Il a produit une imagerie forte, toujours émouvante, parfois irrévérencieuse, souvent dans le prolongement de la peinture classique.


LA vérité queer en pleine face

Evergon
Evergon est une force créatrice immense : on en est saisi violemment dès l’entrée dans les salles. L’identité, la diversité corporelle, l’amour, le désir, le vieillissement sont au cœur de son travail. Il fut un militant de la première heure des droits des personnes gaies. Très tôt dans sa carrière, il a porté haut et fort la voix d’une culture homosexuelle reléguée à l’invisibilité, par l’expression d’une masculinité différente des stéréotypes habituels définis par les conventions.
Il célèbre toutes les facettes de la vie, souvent avec humour. Evergon y greffe des notions d’autofiction et d’extimité, une révélation de l’intime dans la sphère publique, courantes aujourd’hui, mais qu’il a explorées tôt dans sa carrière.
À travers le collage, l’art de la photocopie et toute une série d’approches photographiques exploratoires, dont le Polaroïd, Evergon approfondit les termes d’une identité masculine et féminine queer, secouant les perceptions trop arrêtées. Il va même inventer des personnages, comme les Ramboys, une société masculine, secrète, crééé de toutes pièces par lui. L’exposition s’ouvre d’ailleurs sur une immense photo d’un représentant de cette société aux cornes de boucm « Ramboy Offering Polaroid Of Self Exposed in Hiding ». (photo avec le Commissaire et l’artiste)
EvergonLe visiteur découvrira avec surprise une section de l’exposition présentant des images proposant des sujets plus osés, plus sexuellement explicites, qui lui rappellera une époque pas si lointaine des fameux clubs vidéos. Un beau clin d’œil des concepteurs.
La carrière d’Evergon a été portée par nombre d’œuvres saisissantes, notamment les immenses Polaroïds en couleurs des années 1980, pour lesquels il a été mondialement reconnu. Primés, ses travaux en holographie ont aussi été salués par la critique et plusieurs institutions artistiques dans le monde.
En parallèle à sa carrière artistique, il a longuement enseigné la photographie à l’Université d’Ottawa et à l’Université Concordia, à Montréal.
Une escapade au MNBAQ est un « must » pour découvrir ou encore revisiter Evergon, le photographe pour qui les œuvres sont des lettres d’amour, adressées à ses collaborateurs, amants, amoureux et modèles, à sa mère Margaret, ainsi qu’à toute personne qui regarde.

Evergon. Théâtres de l’intime.
Du 20 octobre 2022 au 23 avril 2023
Pavillon Pierre-Lassonde du MNBAQ
Québec